Les protections hygiéniques pour les petits budgets

Pour moi, l’écologie ce n’est pas seulement parler de zéro déchet, du dérèglement climatique, des ravages du plastique sur l’environnement etc. C’est beaucoup plus large que ça.
La relation que l’on a avec son corps est tout aussi important. D’ailleurs, est ce que vous avez déjà entendu parler de l’écologie intérieure ? c’est tout simplement le fait de prendre soin de soi, de se bichonner.

Cela me semble difficile de se préoccuper de l’état de la planète quand déjà notre propre corps nous fait souffrir.

La vulve et le vagin sont mis à rude épreuve à cause de l’utilisation de protections hygiéniques jetables qui sont bourrés de produits toxiques.

Nous nous faisons du mal sans le vouloir, très souvent parce qu’on a pas assez d’argent pour s’acheter une culotte menstruelle (environ 35€ la culotte). Difficile de faire attention à ce qu’on achète, quand déjà, on est restreint par notre budget.

Un état des lieux s’impose.

Il y a quelques semaines, j’ai découvert le podcast La Menstruelle qui parlait de précarité pendant les menstruations.
Et là, j’ai été sonnée par ce que j’ai entendu. Du coup, je me suis dit qu’il fallait absolument en parler.

En 2019, une étude a été réalisée par l’IFOP à la demande de l’association Dons Solidaires.
Cette enquête a montré que 1 700 000 femmes en France n’ont pas les moyens de s’acheter des protections hygiéniques.
1 700 000…ce chiffre me donne le tournis.

Une femme réglée qui a des difficultés à s’acheter des protections hygiéniques tous les mois, c’est ce qu’on appelle la précarité menstruelle.
Les protections périodiques coutent chères. Rappelons quand même que les protections hygiéniques sont des produits de première nécessité. On dépense environ 18€ par mois.

L’accès aux protections périodiques ne devrait pas être une épreuve de Koh Lanta.

Et pourtant, est ce que vous étiez au courant que jusqu’en décembre 2015, les protections hygiéniques étaient taxées à 20% ? moi non. Depuis le 1er janvier 2016, elles le sont encore mais à 5,5%. On avance.

Personnellement, je ne suis pas à plaindre, car je ne suis pas obligée d’utiliser du papier toilette pour remplacer les protections hygiéniques; les femmes sans-abri ou encore les étudiantes qui ont peu de moyens si.
Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre s’acheter des pommes de terre ou se protéger des règles.

Sur une vie, une femme réglée dépense au minimum 8000€. C’est un sacré investissement pour quelque chose que l’on a pas choisi.

Si vous êtes étudiante, sachez que la mutuelle LMDE rembourse jusqu’à 25 euros par an. C’est un bon début.

Et l’Etat français, que fait-il ?

En septembre 2020, le gouvernement va expérimenter une distribution gratuite de tampons et de serviettes hygiéniques dans le Haut-Rhin. 

Les lieux visés sont les épiceries sociales, les accueils de jour, les foyers et les centres d’hébergement, les établissements d’incarcération, mais aussi les établissements du second degré et les universités; des maraudes permettront de distribuer des protections aux femmes en difficulté. 

Espérons que cette expérimentation soit concluante et qu’elle s’étende rapidement sur tout le territoire français (et dans le monde !).

Heureusement, il existe des solutions; je vous les présente juste après.

Règles Élémentaires : la première association française de collecte de produits d’hygiène intime.

Depuis 2015, l’asso lutte contre la précarité menstruelle à travers toute la France, en organisant des collectes ponctuelles et permanentes de protections hygiéniques. 

L’équipe bénévole redistribue ensuite les dons reçus auprès de leurs partenaires (Le secours populaire français, Emmaüs, les restos du coeur et bien d’autres); 

Par ailleurs, l’asso a collaboré avec les mairies de Paris et de Lyon pour mettre à disposition des Boites à dons; tous les dons sont ensuite livrés au SAMU Social ou à des partenaires locaux.

Parce que les protections hygiéniques jetables ne sont pas idéales, Règles élémentaires propose aux plus démunis, des ateliers d’information et de formation aux protections hygiéniques lavables.

Les bénévoles de l’association interviennent dans des écoles, entreprises, lors de conférences. Objectif : les règles ne doivent plus être tabou.

Pour le moment, l’association est présente à Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Strasbourg et en Belgique.

Vous voulez agir mais vous ne savez pas comment ? Engagez vous auprès de l’asso et devenez bénévole ou organisez une collecte dans votre ville, entreprise, école.

Réveillez la superwoman qui sommeille en vous.

Est ce que vous avez déjà entendu parler du flux instinctif libre ?  C’est le fait de contenir son flux menstruel en contractant son périnée. En le relâchant, on laisse s’écouler le sang.

Vous l’aurez compris, aucune protection n’est nécessaire, seulement une bonne dose de patience mais surtout beaucoup d’entrainement. 

Vous l’aurez compris, pratiquer le flux instinctif permet de muscler son périnée et de ne plus dépendre des protections hygiéniques. 

En plus, il n’existe pas de contre-indications; toute personne dotée d’un périnée, peut bloquer temporairement le flux de ses règles.

Notons que les avantages sont multiples : 

  • Réappropriation de son corps,
  • Absence de gêne liées aux protections hygiéniques (lavables ou non),
  • Un périnée hyper musclé,
  • Vous faites des économies !

Do it yourself, fabriquez vos propres protections hygiéniques.

Il est possible de fabriquer ses propres culottes menstruelles pour moins de 5€. Pour cela, plusieurs tutoriels existent en ligne, avec ou sans machine à coudre.

Par exemple, la chaîne YouTube madame Têtue vous guide pour fabriquer une culotte de règles seulement avec des épingles (mais pas que hein, ce n’est pas MacGyver non plus!). 

Vous aurez principalement besoin de : tissu absorbant, micro-éponge de coton (éponge jersey), d’un tissu imperméable type PUL, double gaz de coton (utilisé pour fabriquer les couches des bébés), d’une culotte, de fil et d’une aiguille, d’épingles, de ciseaux.

TRES IMPORTANT  : avant de commencer à coudre, laver bien les tissus afin de vérifier qu’ils ne rétrécissent pas au lavage. Vous éviterez toutes mauvaises surprises.

L’union fait la force.

Vous préférez être conseillé par un couturier/une couturière expérimenté(e) ? Cela se comprend, moi-même, je préfère cette option ! Et puis, c’et quand même plus convivial de coudre à plusieurs que seul(e) dans son coin non ?

Voici pour vous 2 pistes :

  • le site superprof : inscrivez le mot couture puis le nom de votre ville; une liste de tous les profs donnant des cours près de chez vous apparaissent. Il n’y a plus qu’à leur écrire ! Il faudra compter en moyenne 18-20€ de l’heure. Certains profs peuvent proposer un premier cours gratuit. Encore mieux : si vous réussissez à motiver vos ami(e)s, collègues, le prix peut être dégressif.
  • les associations : les bénévoles n’attendent que vous. Pour trouver une association près de chez vous, je vous conseille de visiter le site du gouvernement : https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/recherche/resultats/

Vous avez pas mal d’idées maintenant. Mais laquelle allez-vous choisir ?

4 Commentaires. En écrire un nouveau

  • Marina DIAZ
    24 juillet 2020 13:54

    Bravo pour cet article tres intéressant et ludique. J’ai hâte de lire les suivants !!!

    Répondre
  • Bonjour Marion,
    Je vous remercie pour cet article, la question des produits présents dans les protections hygiéniques me touchent. Les protections de sont pas forcément accessibles à tout le monde et c’est une bonne chose de le dénoncer.
    Votre article m’a donné de très bons conseils.

    J’ai hâte de lire vos prochains articles 🙂

    Répondre
    • Bonjour D., bienvenu(e) sur mon blog et un grand merci pour ce retour positif :D. Oui, les protections périodiques ne sont pas encore accessibles aux personnes les plus précaires je crois que nous avançons dans la bonne direction. A très bientôt je l’espère ! 😀

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez remplir ce champ
Vous devez remplir ce champ
Veuillez saisir une adresse e-mail valide.
Vous devez accepter les conditions pour continuer

Menu